Le 25 juin, Hermen Hulst, président des PlayStation Studios, a diffusé un mémo interne devenu rapidement public. Sa teneur : restructuration massive chez Bungie. Les licenciements touchent la majeure partie de l’équipe de Destiny et certains membres de l’équipe de Marathon, ainsi que des équipes Sony qui soutiennent les opérations de Bungie. Selon les documents officiels déposés dans l’État de Washington, au moins 292 employés ont été licenciés, un chiffre qui ne tient pas compte des autres bureaux ni des nombreux travailleurs contractuels. Le journaliste Paul Tassi (Forbes) évoque environ 400 postes au total, soit la moitié des effectifs.
Le contexte : Destiny 2 a constitué le cœur de l’activité de Bungie pendant près de neuf ans. Désormais, cette page est tournée, avec une dernière mise à jour majeure livrée le 9 juin. Marathon, le shooter d’extraction censé prendre le relais, n’a pas réussi à fidéliser les joueurs. PlayStation avait annoncé dans son dernier bilan une perte de 565 millions de dollars en ce qui concerne Bungie.
Le directeur du studio, Justin Truman, quitte ses fonctions. Jason Jones, cofondateur historique de Bungie, aurait lui aussi quitté l’entreprise. Sony insiste pourtant sur le fait que Marathon reste « un élément important de son catalogue » et que le studio dispose d’autres projets en incubation. Difficile de voir là autre chose qu’une formule de confort pour préparer la suite.
Sony a racheté Bungie pour 3,6 milliards de dollars en 2022. Quatre ans plus tard, la moitié du studio est dissoute. La stratégie live-service de PlayStation, enclenchée sous Jim Ryan, aura coûté très cher et produit deux résultats publics notables : Concord, retiré du marché après deux semaines d’existence, et Marathon, en chute libre. Sony persiste pourtant et refuse d’abandonner le marché des jeux-service. Libre à chacun d’apprécier.

