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EA officiellement racheté pour 55 milliards : une dette colossale et des licenciements en préparation

Le rachat d’Electronic Arts pour 55 milliards de dollars est désormais finalisé. L’éditeur de FIFA, Battlefield et Les Sims quitte la bourse après 36 ans, racheté par un consortium mené par le fonds souverain saoudien (qui en détient à lui seul plus de 93 %), accompagné du fonds d’investissement Silver Lake et d’Affinity Partners, le fonds de Jared Kushner. C’est le plus gros rachat par emprunt de l’histoire.

Le problème n’est pas le rachat en soi, c’est sa mécanique. Pour s’offrir EA, les repreneurs ont fait porter à l’entreprise elle-même une dette d’environ 18 milliards de dollars, qui génère près de 1,8 milliard d’intérêts à rembourser chaque année, soit davantage que ce qu’EA dégage réellement de bénéfices. Pour tenir, l’éditeur doit trouver environ 700 millions de dollars d’économies annuelles, dont 170 millions présentés dans la novlangue d’entreprise comme des « efficacités organisationnelles ». Selon le journaliste de Bloomberg Jason Schreier, cela signifie en clair des licenciements dans les studios. Les équipes de jeu solo comme BioWare, déjà réduites à moins de 100 personnes début 2025, sont considérées comme les plus exposées.

Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’EA ne va pas licencier parce qu’elle perd de l’argent, elle reste très rentable. Elle va licencier pour rembourser la dette contractée par ceux qui viennent de l’acheter. Autrement dit, les salariés risquent de payer de leur poste le prix d’une opération financière dont ils n’ont rien vu passer. Et la suite est écrite : recentrage sur les licences les plus rentables comme EA Sports FC ou Madden, davantage d’intelligence artificielle dans la production, et des projets originaux qui deviendront plus rares. Pour vous, joueurs, attendez-vous à plus de suites et de monétisation, et à moins de nouveauté, non pas par manque de talent, mais parce qu’une dette de 18 milliards doit être épongée.

Quand un rachat commence par endetter l’entreprise rachetée pour mieux tailler dans ses effectifs, ce ne sont jamais les acheteurs qui trinquent en premier. Ce sont ceux qui font les jeux, et au bout de la chaîne, ceux qui les achètent.

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