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Gears of War: E-Day : le 88 cache une campagne en retrait

Une grosse note ne dit jamais toute la vérité. Gears of War: E-Day en est la démonstration de la semaine.

Le jeu sort demain, 6 octobre, sur Xbox Series et PC, déjà jouable depuis le 1er pour les acheteurs de l’édition Premium. La presse a parlé la première, et elle a parlé fort : 88 sur Metacritic, 87 sur OpenCritic, environ 90 % de critiques qui recommandent le jeu. Sur le papier, il faut remonter à Gears of War 3, en 2011, pour trouver un épisode aussi bien reçu. Les deux précédents, Gears 4 et Gears 5, plafonnaient à 84.

Les tests saluent d’abord une prouesse technique. The Coalition a quitté son vieux moteur pour l’Unreal Engine 5, et le résultat est superbe : un préquel sombre, situé quatorze ans avant le premier jeu, à la réalisation léchée et au gunplay unanimement décrit comme le meilleur de la saga. Manette en main, personne ne conteste que ça n’a jamais été aussi bon.

La campagne, c’est une autre histoire, et là je parle en fan de la série. Techniquement, E-Day écrase tout ce qui a précédé. Mais son scénario ne joue pas dans la même cour que celui de la trilogie d’origine. Il manque ce souffle tragique, cette tension de fraternité sous le feu qui faisaient la force des premiers Gears. GamesRadar note d’ailleurs un recul par rapport à Gears 5 sur le récit et le contenu annexe, et The Guardian, plus sévère avec son 6, reproche un monde ouvert plaqué et des idées jamais creusées. Le 88 récompense une exécution irréprochable, pas une histoire mémorable. Quand on connaît la saga par cœur, la nuance pèse lourd.

D’ailleurs, je suis déjà manette en main dessus. Mon test complet de Gears of War: E-Day est en cours, et il arrivera sur le site une fois la campagne bouclée et le multijoueur suffisamment éprouvé. Ce que je vous dis là sur la technique et sur la campagne.

Pour vous, joueur, le constat dépend de ce que vous cherchez. Si c’est le Gears qui se joue le mieux, le plus beau, le plus nerveux manette en main, foncez, c’est lui. Si vous espériez retrouver le souffle narratif de la trilogie originale, calmez vos attentes, il est ailleurs.

Un dernier mot, qui dépasse le jeu lui-même. The Coalition a été touché par la vague de licenciements qui a frappé Xbox fin septembre, celle dont je vous parlais la semaine dernière. Sortir un jeu salué à 88 dans ces conditions, c’est le fruit d’équipes qui ont bossé dur, et on espère sincèrement qu’elles seront épargnées par les prochaines coupes. Le jeu brille. On aimerait que ceux qui l’ont fait en profitent aussi.

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