Le 16 juin, la Commission européenne a officiellement rejeté la demande de l’initiative citoyenne « Stop Destroying Videogames », qui réclamait une obligation légale pour les éditeurs de maintenir leurs jeux jouables après l’arrêt de leur exploitation commerciale. Avec 1 294 188 signatures vérifiées, l’initiative avait pourtant largement dépassé le seuil obligeant la Commission à se prononcer. Bruxelles invoque le droit de la propriété intellectuelle et propose en échange un futur « code de conduite » sectoriel non contraignant, à élaborer d’ici fin 2026.
Le détail qui fait grincer des dents, c’est le contexte de cette décision. Stop Killing Games a révélé que le PDG d’Ubisoft Yves Guillemot avait participé, deux semaines avant la réponse officielle, à une réunion à huis clos organisée par le lobby Video Games Europe avec de hauts responsables de la Commission, sans que les organisateurs de la pétition y soient conviés. Un million trois cent mille citoyens d’un côté, un rendez-vous privé entre industriels et régulateurs de l’autre : la balance penche du côté qu’on imagine. La Commission elle-même reconnaît dans sa réponse que les jeux modernes reposent sur des infrastructures contrôlées par les éditeurs, qui peuvent couper les serveurs à volonté. Le diagnostic est posé, le remède reste volontaire. Stop Killing Games ne compte pas en rester là et vise désormais un amendement au Digital Fairness Act, en cours d’élaboration à Bruxelles.

