Switch 2 : Witcher 3 offert, Octopath à 60 €, le grand écart

Deux jeux reviennent, deux factures opposées. Cette semaine a offert le plus beau cas d’école qui soit sur la façon dont un éditeur décide de traiter ses joueurs.
D’un côté, CD Projekt offre The Witcher 3: Wild Hunt Remastered à tous ceux qui possèdent déjà le jeu, Switch 2 comprise. Graphismes refaits, combat retouché, et les deux extensions offertes dans la foulée. Zéro euro. Dans la même veine, 4A Games a annoncé une mise à jour next-gen gratuite de Metro 2033 Redux et Metro: Last Light Redux, le 22 octobre sur PC et le 29 sur consoles. Deux studios qui considèrent qu’un jeu déjà acheté n’a pas à être racheté pour tourner mieux sur une machine plus puissante.
De l’autre, Square Enix. L’éditeur a sorti le 1er octobre les versions Switch 2 d’Octopath Traveler et Octopath Traveler II, deux excellents JRPG. Meilleure résolution, 60 images par seconde, du propre. Le prix : 59,99 € pièce, ou 74,99 € le bundle numérique. Plein tarif, comme une nouveauté.
Et là où ça coince vraiment, c’est dans ce qui n’est pas proposé. Aucune mise à niveau pour ceux qui possèdent déjà les jeux sur Switch. Square Enix l’écrit noir sur blanc sur sa boutique : il n’est pas prévu de vendre un pack d’amélioration. Pire, les sauvegardes Switch ne sont pas compatibles avec les versions Switch 2. Vous avez bouclé les huit histoires d’Octopath sur Switch ? Pour y rejouer en mieux, vous repayez 60 balles et vous recommencez de zéro.
Détail qui enfonce le clou : la version physique n’est même pas une vraie cartouche, mais une Game-Key Card, une boîte qui contient une clé de téléchargement et rien d’autre.
Le contraste est d’autant plus brutal que les deux approches cohabitent sur la même console, la même semaine. Pendant que CD Projekt dit « vous l’avez acheté, il est à vous », Square Enix dit « vous l’avez acheté, et alors ? ».
Soyons justes sur un point, parce que c’est important. Si vous découvrez Octopath pour la première fois, l’affaire n’est pas scandaleuse. Deux RPG réputés, bien portés, qui tournent enfin à 60 images par seconde, 60 € pièce, c’est le tarif d’un gros jeu et ça se défend pour un nouveau venu. La série entière est désormais jouable nativement sur Switch 2, c’est une porte d’entrée cohérente.
Le problème, c’est le joueur fidèle. Celui qui a soutenu la licence dès 2018, qui possède déjà les deux jeux, et à qui on demande de tout racheter au prix fort en perdant sa progression. Celui-là, Square Enix le prend clairement pour un portefeuille. Et il a une parade simple : garder sa version Switch, qui tourne parfaitement sur Switch 2, souvent soldée à 40 € ou moins, et ignorer le portage.
Ce que cette semaine raconte dépasse Octopath. Le joueur de 2026 ne compare plus seulement des jeux, il compare des politiques commerciales. CD Projekt et 4A Games font de la gratuité un argument de fidélité. Square Enix en fait une ligne de revenus. Et à force, ça finit par peser dans la décision d’achat autant que les tests. Quand on vous dit qu’un classique « revient » sur votre console, la vraie question n’est plus de savoir s’il est bon. C’est de savoir combien il va vous coûter alors que vous l’avez déjà payé une fois.



La parole aux joueurs