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Ubisoft veut miser davantage sur les remakes, jugés plus rentables que les nouveaux jeux

Le 23 juillet 2026, dans le sillage du succès d’Assassin’s Creed Black Flag Resynced, écoulé à 3,5 millions d’exemplaires en deux semaines, Ubisoft a indiqué vouloir accentuer sa stratégie de remakes, jugés plus rentables et moins risqués que les nouvelles créations.

Le raisonnement de l’éditeur se comprend sur le plan comptable. Un remake s’appuie sur un jeu qui a déjà fait ses preuves, une base de fans identifiée et un univers dont les décors, l’histoire et les personnages existent déjà. Le coût de développement est donc moindre et le risque commercial plus faible qu’un titre inédit. Black Flag Resynced en est la démonstration, et Ubisoft a déjà d’autres chantiers de ce type dans les cartons, dont un remake de Rayman Legends montré en preview et une trilogie Ezio remise au goût du jour régulièrement évoquée.

Ce virage assumé mérite qu’on s’y arrête, parce qu’il vous concerne à double titre. D’abord, un éditeur qui déclare officiellement préférer refaire ses anciens jeux plutôt que d’en créer de nouveaux, c’est un éditeur qui vous annonce des années de nostalgie repackagée au prix du neuf. Vous paierez 60 euros ou plus pour rejouer à ce que vous avez déjà connu, pendant que les prises de risque et les nouvelles licences se raréfient. Ensuite, il y a une ironie qu’il ne faut pas laisser passer : le carton qui sert aujourd’hui à justifier cette stratégie, ce sont les équipes d’Ubisoft Barcelone qui l’ont en partie bâti, notamment les phases de plongée saluées par la critique. Or ces mêmes équipes ont vu 51 postes supprimés au moment même de la sortie du jeu. Autrement dit, le succès d’un remake ne protège pas ceux qui le fabriquent, mais il sert d’argument pour en produire davantage. Pour vous, la conclusion pratique est de choisir en connaissance de cause : un remake peut être excellent, mais achetez-le pour ce qu’il apporte réellement, jamais pour récompenser une stratégie qui appauvrit à la fois la création et les studios.

Le jeu vidéo n’a rien contre les remakes bien faits, et certains sont des réussites. Le problème commence quand ils cessent d’être un complément pour devenir le plan de route principal d’un éditeur autrefois connu pour ses nouveaux mondes.

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