Sortis discrètement le 9 juillet sur PS4 et PS5, les portages de Call of Duty Black Ops (2010) et Black Ops 2 (2012) sont vendus 39,99 euros pièce, et la réception des joueurs est glaciale, à la hauteur du minimum syndical technique fourni.
Sur le papier, l’événement est réel : ces deux monuments n’avaient jamais été jouables légalement sur les consoles PlayStation modernes, l’architecture de la PS3 rendant l’émulation impossible, quand les joueurs Xbox en profitent depuis des années via la rétrocompatibilité. Le portage, confié au spécialiste Iron Galaxy, embarque campagne, multijoueur et Zombies, sur de nouveaux serveurs sécurisés. Mais l’inventaire technique fait mal : pas de 4K (1080p, comme sur Xbox depuis des années), pas de 120 Hz, pas de réglage du champ de vision, aucune amélioration visuelle notable, des retours sur de l’input lag, et même des fonctionnalités d’époque passées à la trappe, comme les Wager Matches de Black Ops et le mode Théâtre. Les DLC sont revendus séparément, avec un Season Pass à 29,99 euros par jeu, ce qui porte l’expérience complète autour de 140 euros pour deux titres qui fêtent leurs 15 ans.
Ce qu’il faut lire derrière les chiffres. D’abord, la remise de lancement contient son propre aveu : les abonnés PlayStation Plus, toutes formules confondues, ont les jeux à 19,99 euros pièce et les Season Pass à 9,89 euros jusqu’au 6 août. Une remise de 50 % le mois de la sortie, mais uniquement derrière l’abonnement : Activision et Sony vous disent en creux ce que valent vraiment ces portages, tout en s’en servant comme produit d’appel pour le PS Plus. Ne payez jamais les 39,99 euros : si vous êtes abonnés et que la nostalgie est trop forte, la fenêtre actuelle est le seul point d’entrée défendable, et si vous ne l’êtes pas, attendez les inévitables promotions publiques. Ensuite, la revente des DLC à l’unité est pire qu’une question d’argent : elle fragmente la base de joueurs entre ceux qui ont les cartes et les autres, sur des jeux de 2010 dont le multijoueur n’a aucune garantie de population durable. Acheter les packs, c’est parier que les serveurs resteront peuplés sur des titres qu’Activision traite avec ce niveau de soin. Enfin, replacez l’opération dans son contexte : après le remake Black Flag à 60 euros et le remake Halo à 60 euros, voilà le troisième étage de l’été de la nostalgie monétisée, et c’est le moins-disant des trois.
Reste une question que ces portages posent sans le vouloir : si Activision estime que deux jeux de 15 ans valent 40 euros pièce sans le moindre travail, combien de temps avant que le reste du catalogue rétro suive au même tarif ? La nostalgie est officiellement devenue une gamme de produits. Le prix affiché le 7 août, quand la remise aura sauté, vous dira si les joueurs ont validé l’expérience.

