Le défaut, tout le monde le connaissait. Ce que la justice reproche, c’est le silence.
Le 8 juin, la DGCCRF a refermé son enquête sur les manettes de la première Switch. Nintendo of Europe accepte une amende de 35 millions d’euros. Et le détail qui fait toute la différence, c’est le motif : on ne tape pas sur le Joy-Con Drift, ce fameux défaut qui faisait dériver les sticks tout seuls. On tape sur la communication.
Entre 2018 et 2023, Nintendo savait. Les joueurs, eux, sont restés dans le flou. Résultat, beaucoup ont racheté une manette neuve à plus de 70 euros la paire au lieu de la faire réparer, parce que personne ne leur avait dit que c’était un problème reconnu. Le silence a fait tourner la caisse.
C’est là que ça pique pour une marque qui se vend en gardienne du jeu propre et familial. On découvre une boîte qui a pesé le coût de la transparence et qui a préféré attendre. Rien d’illégal dans le drift en soi. Le souci, c’est d’avoir tenu les clients à l’écart de ce qu’elle savait.
Reste à voir si cette décision française donne des idées au reste de l’Europe. Quand un régulateur ouvre la brèche, les autres regardent.

