Lors d’une session de questions-réponses de sa division Game & Network Services avec les investisseurs, relayée début juillet 2026, Sony a déclaré ne pas avoir l’intention de vendre son hardware à des prix nettement inférieurs à sa valeur, jugeant irréaliste d’absorber toutes les hausses de prix des composants, tout en précisant suivre l’évolution du marché et réévaluer sa stratégie en continu.
Le contexte rend la déclaration lourde de sens. La question posée portait précisément sur le prix et la rentabilité du hardware à l’approche de la prochaine génération, autrement dit de la PS6. La pénurie mondiale de mémoire fait flamber les coûts de production, la PS5 Pro est aujourd’hui vendue 899,99 euros en France, et Microsoft a annoncé de nouvelles hausses sur ses Xbox Series en prévision d’une situation qui pourrait rester compliquée jusqu’en 2027. Je laisse volontairement de côté les chiffres de coût de production de la PS6 qui circulent chez les insiders : rien de vérifiable là-dedans.
Ce qui mérite votre attention, c’est ce que cette phrase enterre. Pendant vingt-cinq ans, le modèle console reposait sur un contrat implicite : le constructeur vendait la machine à marge nulle ou à perte pour se rattraper sur les jeux et les abonnements. C’est ce qui rendait la console plus accessible qu’un PC. La déclaration de Sony officialise que ce contrat ne tient plus : vous paierez la marge sur la machine, plus les jeux à 80 euros, plus l’abonnement pour le multijoueur. Le constructeur gagne sur tous les étages et le risque est transféré sur vous. La conséquence pratique est simple : il n’y a plus aucune raison de se précipiter sur une nouvelle génération à son lancement. La génération actuelle durera plus longtemps, les jeux resteront cross-gen un bon moment, et chaque mois d’attente joue en votre faveur sur un matériel qui ne baisse plus de prix, quand il n’augmente pas en cours de vie.

