Depuis le 1er août 2026, les nouveaux tarifs des consoles Xbox sont actifs en France, et ils grimpent fortement : la Xbox Series X 1 To avec lecteur passe à 799,99 euros, soit 300 euros de plus qu’à son lancement en 2020. C’est la troisième hausse en un peu plus d’un an.
Microsoft justifie cette augmentation par le coût de la mémoire et du stockage, qu’il dit multiplié par plus de 2,5 ces derniers mois, et prévient qu’il s’attend même à un nouveau doublement de ces composants d’ici l’automne 2027. Le modèle 2 To disparaît du catalogue, sans doute jugé invendable au prix qu’il aurait fallu afficher. Pour amortir la pilule, l’entreprise met en avant le paiement en plusieurs fois et des modèles reconditionnés moins chers, ce qui en dit long sur sa propre confiance dans ces tarifs.
Ce qu’il faut avoir en tête face à ces chiffres, et c’est là que le contexte change tout. On nous présente cette hausse comme une fatalité liée aux coûts. Mais regardons où en est vraiment Xbox : ses résultats du dernier trimestre sont mauvais, avec des revenus jeux et services en baisse de 10 %, des ventes de consoles en chute de 13 %, et une perte d’environ 1,7 milliard de dollars sur l’année. Asha Sharma, la patronne de Xbox, l’admet elle-même, la marque a gagné 200 millions de joueurs sans que son activité progresse. Pendant ce temps, la maison mère Microsoft, elle, se porte à merveille : 90 milliards de chiffre d’affaires sur le trimestre, en hausse de 18 %, portée par le cloud et l’intelligence artificielle. Le message pour vous est limpide : vous payez votre console 300 euros de plus non pas parce que le groupe manque d’argent, il n’en a jamais eu autant, mais parce que Microsoft ne veut plus subventionner une division gaming qui le déçoit. Le risque est transféré sur le joueur pendant que l’argent du groupe part ailleurs. Concrètement, à 799,99 euros, il n’y a aucune urgence à acheter : la génération actuelle a de beaux restes, l’occasion devient bien plus attractive, et rien ne justifie de se précipiter sur un matériel dont le prix ne fait que monter.
Une console qui coûte plus cher à la fin de sa vie qu’à son lancement, chez un géant qui affiche des bénéfices records par ailleurs, ce n’est pas le symptôme d’une industrie en difficulté. C’est celui d’un joueur qu’on a désigné pour payer l’addition. Le meilleur réflexe reste le même : attendre, comparer, et regarder du côté de l’occasion avant de céder au neuf.

