Capcom a profité du State of Play du 2 juin pour enfin dater son retour à la licence Onimusha : ce sera le 25 septembre 2026, avec une démo jouable disponible immédiatement. J’y ai passé une quarantaine de minutes, sans aucun bagage sur la série, et j’en ressors avec une impression nette : ce jeu sait ce qu’il veut être.
Ce qu’on vous a vendu
Onimusha: Way of the Sword est le premier nouvel épisode d’une série lancée en 2001 et attendue par les fans depuis des années. Capcom le présente comme une saga de combats au sabre sanglante, dans laquelle Miyamoto Musashi obtient le pouvoir de l’Oni et affronte les Genma, des créatures monstrueuses qui envahissent le Kyoto du début de l’ère Edo.
La démo couvre le niveau du temple Kiyomizu-dera et promet les piliers du système de combat : parades, déflexions, Issen, absorption d’âmes et gantelet Oni, avec en conclusion un affrontement contre Sasaki Ganryu, le rival de Musashi. Une sauvegarde de la démo débloque l’amulette Kubi Akari dans le jeu final.
Manette en main : un Sekiro au ralenti
Si vous arrivez avec des réflexes de Sekiro, vous allez devoir décélérer. Way of the Sword en reprend la logique, ce duel permanent autour de la parade et du contre, mais à une cadence nettement plus lente. Ce n’est pas de la mollesse, c’est un parti pris : le jeu veut que vous regardiez votre adversaire au lieu de marteler les boutons.

Face à un ennemi isolé, vous pouvez souvent frapper et le voir s’effondrer en un coup. Mais dès que les Genma arrivent en nombre, la parade devient obligatoire. Et c’est là que le jeu brille : les déflexions sont superbement chorégraphiées, au point que parer devient presque plus satisfaisant qu’attaquer. Une déflexion réussie déstabilise l’adversaire, ouvre un enchaînement, parfois une mise à mort, et vous passez au suivant.
La fenêtre se mérite, par contre. Certains ennemis font durer leurs feintes de longues secondes avant de frapper, et si vous craquez trop tôt, vous mangez l’attaque. Le jeu n’est pas difficile, mais il punit l’impatience. Ajoutez un placement des touches un peu étrange au départ, et la prise en main demande un petit quart d’heure avant de devenir naturelle.
L’absorption d’âmes complète bien le tout : les ennemis vaincus relâchent des âmes qui rendent de la vie et alimentent vos ressources, ce qui pousse à rester au contact. Côté arsenal, je vous laisse la découverte. Sachez juste que le sabre de base n’est pas seul dans la démo, et que le trailer montre déjà d’autres armes, dont un arc, absentes de cette version d’essai.
Un boss de fin de démo réussi

Capcom l’annonce lui-même dans le descriptif, ce n’est pas un secret : la démo se conclut face à Sasaki Ganryu. Je ne décrirai pas le combat pour vous laisser la surprise, mais honnêtement, j’ai bien aimé. C’est bien chorégraphié, c’est cool à jouer, et ça laisse penser que les boss ne seront pas de simples sacs à points de vie. Reste à voir si le jeu complet tiendra ce niveau sur tous ses affrontements.
Une ambiance qui tient debout
La démo installe un Japon féodal très sombre, gorgé de désespoir, et qui ne lésine pas sur le gore. Les Genma s’en prennent à tout le monde, et le jeu ne détourne pas la caméra. Au milieu de ce chaos, Musashi joue les grandes gueules : sûr de lui, prêt à dégommer tout le monde, avec de la répartie en prime. Le personnage est plutôt cool, et son assurance tranche bien avec un monde qui s’effondre. À confirmer sur la durée, mais ça part bien.
Ce que la démo ne dit pas
Une démo reste un argument marketing. Celle-ci ne répond pas aux vraies questions : durée de vie, variété des environnements, renouvellement du bestiaire, et tenue du système de combat sur quinze ou vingt heures. Un Sekiro au ralenti, c’est grisant sur quarante minutes. Sur un jeu complet, ça peut devenir une purge si le rythme ne se densifie jamais.
À noter aussi : le Nintendo Direct du 9 juin a confirmé une version Switch 2 pour le 25 septembre, en simultané avec les autres plateformes, avec des commandes par mouvement exclusives via les Joy-Con 2 pour les frappes au sabre et la visée à l’arc. Le genre de gadget qui donne envie d’essayer, même si aucune démo n’est confirmée sur Switch 2 pour vérifier.
Côté prix, la fiche Steam est claire : 69,99 euros pour l’édition standard, 79,99 euros pour la Deluxe et 89,99 euros pour la Premium Deluxe, ces dernières gonflées d’amulettes et de skins. Tout le monde jouera le même jour, sans accès anticipé payant. Deux détails de la fiche méritent par contre qu’on garde un œil dessus : la mention « achats en jeu » dans la classification PEGI, sur un jeu solo vendu 70 euros, et la présence du DRM Denuvo Anti-tamper, limité à cinq activations par jour sur PC différents. Rien de scandaleux à ce stade, mais ce sont exactement les lignes en petits caractères que le test de septembre ira vérifier.
Mon avis à chaud
Cette démo fait exactement ce qu’une démo doit faire : elle m’a donné envie de voir la suite, sans m’aveugler. Le système de combat a une vraie identité, la parade y est plus jouissive que l’attaque, et le héros intrigue. Restent toutes les questions qu’un extrait de quarante minutes ne peut pas trancher.
La démo est gratuite, disponible sur PS5, Xbox Series et PC, et se boucle en moins d’une heure. Ne me croyez pas sur parole : lancez-la et faites-vous votre propre avis. Le test complet, lui, arrivera après le 25 septembre, et Capcom sera jugé sur pièces, promesse par promesse, comme tout le monde.

