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Test Aion 2 : un MMORPG plaisant, jusqu’au mur de l’endgame

Test Aion 2 sur PC : combats satisfaisants et bonne progression pendant la campagne, mais univers oubliable, interface confuse, endgame fastidieux et monétisation qui pèse sur le plaisir.

Visuel officiel de AION 2

J’ai passé de bons moments sur Aion 2. Et pourtant, aujourd’hui, même l’idée d’y retourner une heure ne me fait plus envie. Ce paradoxe résume assez bien mon expérience : un MMORPG agréable clavier en main, capable de procurer une vraie satisfaction pendant sa campagne, mais qui se complique au point de devenir décourageant une fois le contenu de haut niveau atteint.

Disponible gratuitement sur PC depuis le 5 octobre 2026 en version mondiale, le jeu de NC m’a attiré par ses combats, son système de classes et la perspective de faire évoluer un personnage sur la durée. Je ne suis pas un vétéran des MMORPG : j’en apprécie certains et j’y reviens de temps en temps, sans avoir la prétention d’en maîtriser tous les codes. C’est donc avec ce regard, celui d’un joueur motivé mais pas spécialiste, que j’ai parcouru la campagne puis découvert les exigences de l’endgame.

Au terme de l’aventure, mon avis est partagé. Aion 2 n’est pas un mauvais jeu. C’est un jeu dont les qualités m’ont donné envie de rester, avant que ses propres systèmes ne finissent par me faire partir.

Clavier en main, un gameplay qui fonctionne

J’ai choisi le Clerc. Ce n’est pas forcément la classe que je conseillerais pour farmer tranquillement en solo : elle possède de bonnes capacités offensives, mais sa polyvalence et sa vocation de soutien ne rendent pas toutes les activités aussi directes qu’avec une classe plus spécialisée dans les dégâts. C’était néanmoins un choix que j’assumais pleinement, avec l’idée de pouvoir m’orienter davantage vers le soin en groupe une fois mon personnage suffisamment développé.

Et sur le terrain, j’ai franchement apprécié les premières heures. Les sorts partent avec une belle sensation d’impact, les compétences s’enchaînent agréablement et il y a quelque chose de très satisfaisant à voir son personnage gagner en efficacité. Aion 2 donne régulièrement envie d’essayer une nouvelle combinaison ou de pousser un peu plus loin son équipement.

Scène de combat dans Aion 2, avec compétences et effets visuels

Des sorts satisfaisants et une véritable sensation de montée en puissance : le gameplay reste l’un des meilleurs arguments du jeu.

Pendant la campagne, les améliorations avaient du sens. Je débloquais de nouvelles compétences, je renforçais mon matériel et je ressentais concrètement les bénéfices de mes efforts. Il m’est arrivé de devoir effectuer quelques quêtes annexes ou de revenir sur une activité pour atteindre un palier de progression, mais ces détours restaient raisonnables.

C’est important de le souligner : je ne me suis pas forcé à terminer la campagne. Le jeu m’amusait réellement. Sur ce point, NC dispose d’une base solide, avec un rythme de combat qui donne envie de prendre les commandes.

Un beau monde, mais une identité qui ne m’a pas marqué

Aion 2 sait parfois être spectaculaire. Le vol, l’exploration et certains panoramas participent à son attrait, tandis que plusieurs monstres affichent des silhouettes intéressantes. Je ne vais donc pas prétendre que tout m’a donné une sensation de déjà-vu, surtout avec mon expérience relativement limitée du genre.

En revanche, l’ensemble m’a laissé une impression de fourre-tout sans identité suffisamment affirmée. J’ai du mal à définir précisément ce qui fait la personnalité d’Aion 2, au-delà de ses grandes ambitions de MMORPG fantastique. Les personnages, en particulier, m’ont semblé génériques, et la direction artistique ne m’a pas donné le sentiment de découvrir un univers auquel je pourrais vraiment m’attacher.

Le vol et les panoramas ont du charme. Pourtant, l’univers et ses personnages ne m’ont pas suffisamment marqué.

Envol d'un personnage ailé au-dessus des paysages fantastiques d'Aion 2

Le scénario n’a malheureusement pas aidé. J’ai terminé la campagne depuis un peu plus d’une semaine et je serais bien incapable de citer spontanément le nom d’un personnage marquant. Au fil des heures, je ne suivais plus l’histoire par curiosité : j’avais surtout envie qu’elle se termine pour enfin découvrir les activités de haut niveau.

Ce n’est pas une question de demander à chaque MMO une écriture exceptionnelle. Mais lorsqu’un jeu ambitionne de nous garder des mois, son monde doit aussi nous donner une raison émotionnelle d’y revenir. Sur moi, Aion 2 n’a pas réussi ce pari. Si la campagne avait été beaucoup plus longue, je pense même que j’aurais décroché avant sa conclusion.

UI et UX : une complexité mal accompagnée

J’ai suivi des cours de design d’interface et d’expérience utilisateur durant mon cursus. Je ne prétends pas être un expert de toutes les interfaces de MMORPG, mais cette formation m’a appris à regarder au-delà de l’esthétique : une bonne UI ne consiste pas simplement à afficher des informations, elle doit aussi aider le joueur à comprendre quoi faire, où aller et pourquoi.

Dans Aion 2, cette question devient rapidement centrale. Menus, ressources, monnaies, inventaire, équipement, systèmes d’amélioration, activités : les informations s’accumulent et leur hiérarchie manque souvent de clarté. Le menu des activités est parlant : entre les expéditions, les donjons, les affrontements PvP et les autres rubriques, on doit déjà comprendre une multitude d’options avant même de savoir lesquelles privilégier. On cherche, on clique, on revient en arrière, on tente de comprendre comment deux systèmes fonctionnent ensemble. Et l’on se retrouve parfois à travailler davantage pour décrypter le jeu que pour véritablement y jouer.

Menu complet d’Aion 2 en anglais : Expedition, Daily Dungeon, Shugo Festival, Battlefield, Transcendence, Nightmare, Abyss et Arena.
L’interface en anglais rassemble les menus PvE, PvP et saisonniers dans un même panneau. La flèche jaune, ajoutée par l’auteur de la capture d’origine, pointe uniquement vers les paramètres.

Il existe différentes conventions de conception selon les marchés. Certaines productions asiatiques assument volontiers des écrans très denses ; nombre de jeux occidentaux cherchent au contraire une présentation plus progressive. Il ne s’agit pas d’une opposition absolue entre deux cultures, ni de dire qu’une interface épurée serait automatiquement meilleure. Une interface dense peut être excellente ; une interface mal hiérarchisée, beaucoup moins.

Aion 2 bénéficie bien d’une localisation française, mais traduire les menus ne résout pas tout. Pour sa sortie mondiale, j’aurais aimé que NC consacre davantage d’efforts à l’accompagnement des nouveaux joueurs : explications contextuelles, objectifs mieux priorisés, liens plus visibles entre les différentes mécaniques et progression plus intuitive vers le haut niveau.

Je ne demande pas que le jeu prenne constamment les joueurs par la main. Je demande qu’il fasse la différence entre la profondeur d’un MMORPG et l’opacité de son fonctionnement. Et sur ce point, mon expérience a été laborieuse.

L’endgame : le mur qui a brisé mon envie de jouer

Pendant la campagne, je voyais mon Clerc devenir plus puissant. Une fois celle-ci terminée, le changement de rythme a été brutal. J’avais enfin atteint ce que je considérais comme le véritable point de départ du MMORPG, et je me suis retrouvé devant un empilement de choses à débloquer.

Pour accéder à une activité, il faut atteindre un certain niveau d’équipement. Pour renforcer cet équipement, il faut récupérer des ressources. Pour récupérer ces ressources, il faut parfois réaliser d’autres activités, débloquer une condition supplémentaire ou répéter les mêmes étapes. Et ainsi de suite.

Le jeu regorge d’objectifs, de donjons et de moyens de développer son personnage. Sur le papier, c’est une richesse. Dans les faits, lorsqu’on peine à identifier ce qui compte le plus, cette richesse devient écrasante.

Un Clerc affronte un boss difficile dans une arène d'Aion 2
L’endgame promet des affrontements exigeants. Encore faut-il conserver l’envie de franchir les nombreux paliers nécessaires pour y accéder.

Je sais parfaitement qu’un MMORPG repose en grande partie sur le farming. Je suis même capable d’y consacrer énormément de temps lorsque je ressens une progression régulière. Ce que je supporte beaucoup moins, c’est de passer plusieurs sessions à ramer sans avoir l’impression de me rapprocher réellement de mon objectif.

Et c’est exactement ce qui s’est produit ici. La montée en puissance, si satisfaisante au départ, a laissé place à une succession de prérequis et de petites contraintes. Je n’avais plus l’impression de construire mon personnage : j’avais l’impression de remplir une liste interminable avant de pouvoir recommencer à m’amuser.

Mon choix de jouer Clerc n’a sans doute pas rendu le farming solo plus reposant. Je ne vais pas transformer cette expérience personnelle en verdict définitif sur toutes les classes. Mais ce que j’ai ressenti dépasse le simple choix du personnage : le jeu ne m’aide pas assez à comprendre comment progresser efficacement, et il récompense trop lentement le temps que je suis prêt à lui consacrer.

Free-to-play : quand l’économie devient une option payante

C’est ici qu’intervient le sujet qui me dérange le plus : la monétisation. Aion 2 est gratuit au téléchargement et il est possible d’y jouer sans abonnement. Sur ce point, aucune ambiguïté. Mais l’accès libre à la campagne ne signifie pas que toutes les fonctionnalités économiques sont accessibles dans les mêmes conditions.

Un marché dont l’achat est réservé aux abonnés

Sur la version mondiale, l’adhésion spéciale Quairerk, appelée Special Quai Membership, est proposée à 14,99 dollars pour 30 jours, soit un prix européen relevé autour de 12,75 euros selon la boutique. Cette adhésion permet notamment d’acheter des objets sur le marché des joueurs et d’utiliser l’échange Kina/Quna.

Le détail est important : un joueur sans abonnement peut mettre certains objets en vente sur le marché du serveur, mais ne peut pas y acheter des objets. Les échanges directs entre joueurs sont également désactivés sur la version mondiale. De fait, accéder pleinement à l’économie communautaire nécessite de payer.

Dans un MMORPG, où les ressources et l’équipement jouent un rôle majeur dans la progression, je trouve ce choix particulièrement discutable. Je n’ai rien contre un MMO qui demande un abonnement clair dès le départ. Mais faire payer une fonction économique aussi centrale, au sein d’un jeu présenté comme free-to-play, me laisse un goût amer.

Kina, Quna, passes : plusieurs portes d’entrée vers la boutique

Le système monétaire renforce ce sentiment. Les Kina sont la monnaie du jeu, tandis que les Quna constituent la monnaie premium. Les joueurs abonnés peuvent utiliser une bourse d’échange entre ces deux monnaies : des Quna achetés avec de l’argent réel peuvent ainsi servir, indirectement, à acquérir des Kina auprès d’autres joueurs, puis des matériaux ou équipements disponibles sur le marché.

Ce mécanisme ne signifie pas que NC vend directement le meilleur équipement contre de l’argent, ni qu’un joueur payant gagne automatiquement ses combats. Mais il crée bien une passerelle entre dépense réelle et temps de farming économisé. Pour un jeu dont l’endgame repose autant sur l’accumulation de ressources, la nuance mérite d’être soulignée.

À cette économie s’ajoutent des passes saisonniers premium achetables en Quna, qui accordent des récompenses supplémentaires, notamment des consommables et des matériaux de progression. Les achats peuvent aussi rapporter des points de fidélité, les Mileage, donnant accès à une boutique dédiée. L’abonnement apporte de son côté divers avantages pratiques, notamment en matière de stockage et de récompenses de certaines activités.

Individuellement, tous ces dispositifs ne sont pas nécessairement scandaleux. Ensemble, ils forment une économie très chargée, qui demande déjà un effort pour être comprise et dans laquelle l’argent peut rendre certains aspects de la progression plus confortables.

Des costumes à près de 30 dollars

Je pourrais encore accepter cette logique si la boutique restait particulièrement mesurée. Mais certaines tenues cosmétiques sont proposées à 29,99 dollars, avec des prix en euros variables selon la plateforme. Certaines adoptent une esthétique franchement sexualisée, loin de l’image que je m’étais faite de cet univers fantastique.

Tenues Midnight Witch de la boutique mondiale d'Aion 2, variantes féminine et masculine en noir et violet

Midnight Witch : une tenue proposée à 29,99 $ sur la boutique mondiale PURPLE. Visuel officiel NC, collection Halloween 2026.

Je n’ai aucun problème avec le fait de proposer des tenues originales, sexy ou décalées. Chacun est libre de personnaliser son personnage. Et il faut reconnaître que les cosmétiques vendus dans la boutique mondiale n’accordent pas directement de statistiques de combat, tandis que d’autres apparences peuvent s’obtenir en jouant.

Ce que je critique, c’est le tarif et surtout son addition au reste : abonnement, monnaies, passes, avantages de confort, achats cosmétiques. Le sentiment qui domine n’est pas celui d’une boutique discrète, mais d’un modèle économique constamment présent dans l’expérience.

Une impression de ralentissement artificiel, pas une intention prouvée

Je veux être précis sur ce point. Je ne dispose d’aucune preuve permettant d’affirmer que NC a volontairement compliqué l’endgame pour pousser les joueurs à payer. Le farming intensif existe dans le genre indépendamment de toute boutique, et certaines restrictions économiques peuvent aussi poursuivre des objectifs de lutte contre les bots.

Mais en tant que joueur, difficile de ne pas faire le rapprochement. D’un côté, le jeu me demande un investissement de plus en plus lourd pour progresser ; de l’autre, il me propose des mécanismes payants capables d’en faciliter certains aspects. À force, je ne sais plus si je progresse lentement parce que le jeu est exigeant ou parce que son économie a intérêt à me faire ressentir cette lenteur.

C’est un ressenti, pas un procès d’intention. Mais il suffit à altérer le plaisir. Et quand je commence à me poser ce genre de question, ma relation avec un MMORPG est déjà sérieusement abîmée.

À qui conseiller Aion 2 ?

Je reste persuadé qu’Aion 2 peut offrir de bonnes heures de divertissement. Si vous cherchez un MMORPG pour quelques semaines entre deux grosses sorties, si vous aimez lancer des sorts, faire progresser un personnage et explorer un monde gigantesque sans forcément viser les activités les plus compétitives, vous pouvez y trouver votre compte.

Si vous voulez au contraire vous investir pendant des mois, optimiser votre personnage et accéder sereinement aux activités de haut niveau, sachez que le jeu vous demandera du temps, de la patience et probablement pas mal de recherches en dehors de ses menus. Et si vous tenez à participer pleinement à son économie, il faudra intégrer le coût de l’abonnement dans l’équation.

Je comprends tout à fait que certains joueurs apprécient cette complexité et ce rythme de progression. Simplement, ce n’est plus l’expérience que j’ai envie de vivre.

Le verdict de BreakTheHype

Aion 2 est un MMORPG plaisant à jouer, mais trop difficile à aimer durablement. J’ai apprécié son gameplay, le sentiment de puissance de mon Clerc et la progression de sa campagne. Je ne regrette pas le temps que je lui ai consacré. En revanche, je regrette profondément qu’il n’ait pas réussi à conserver mon enthousiasme.

Son histoire m’a laissé indifférent, son univers manque à mes yeux d’une véritable personnalité, son interface m’a régulièrement perdu et son endgame a transformé une progression gratifiante en corvée. La monétisation, avec son marché partiellement verrouillé derrière un abonnement et ses différentes monnaies, n’a fait qu’accentuer cette lassitude.

Je ne demande pas à Aion 2 d’être moins ambitieux. Je lui demande de mieux expliquer ses ambitions, de mieux valoriser mon temps et d’arrêter de donner l’impression que l’argent peut résoudre une partie des frustrations qu’il entretient.

Je ne regrette pas les heures passées sur Aion 2. Je regrette simplement qu’il ne m’ait pas donné envie d’y rester.

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