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TEST – THE FINALS : le FPS que l’on sous-estime encore beaucoup trop

Entre parties frustrantes et victoires mémorables, THE FINALS dévoile un gunplay remarquable, une destruction unique et un vrai sens du jeu collectif. Notre test après Prime Time.

Visuel officiel THE FINALS Prime Time, saison 12

Près de trois ans après sa sortie, THE FINALS continue de rappeler à quel point un FPS multijoueur peut encore surprendre. Avec Prime Time, Embark Studios modernise ses arènes et repense en profondeur son système de destruction. Pourtant, ce shooter gratuit reste, à mes yeux, bien trop souvent oublié lorsque l’on évoque les références actuelles du genre.

Il serait néanmoins trompeur de raconter mon retour comme une succession de parties extraordinaires. Mes dernières sessions ont surtout été contrastées : plusieurs défaites avec des équipes désorganisées, suivies de cinq ou six victoires consécutives avec des coéquipiers qui comprenaient réellement le jeu. Et c’est justement cette différence qui résume THE FINALS : un FPS capable d’être aussi frustrant qu’exceptionnel, selon la manière dont ses joueurs abordent ses objectifs.

Un excellent FPS, pas toujours facile à apprécier

THE FINALS : affrontement autour de la plateforme du mode Power Shift
Power Shift : la plateforme mobile traverse le décor et renouvelle les affrontements.

À son lancement, en décembre 2023, THE FINALS avait déjà de quoi impressionner. Son gunplay, la nervosité de ses déplacements et surtout son approche de la destruction sortaient du lot. J’avais pourtant eu du mal à m’y investir durablement, moins à cause de ses mécaniques que de la dépendance à une équipe compétente. Là où un FPS plus classique autorise parfois un joueur à mener sa partie presque indépendamment des autres, les modes à objectifs de THE FINALS punissent très vite une équipe qui ne joue pas ensemble.

Revenir sur le jeu aujourd’hui ne fait pas disparaître ce défaut. Avant de connaître une belle série de victoires, j’ai enchaîné plusieurs rencontres difficiles avec des joueurs visiblement plus préoccupés par leurs éliminations que par le Cashout. Les déplacements n’étaient pas coordonnés, les engagements étaient pris isolément et certaines occasions de défendre l’objectif étaient perdues sans véritable résistance. Lorsque chacun joue sa propre partie, même un excellent système de combat ne suffit pas à rendre l’expérience agréable.

Puis je suis tombé sur des équipiers qui savaient avancer ensemble, couvrir les mêmes zones et intervenir au bon moment. Sans nécessairement communiquer au micro, nous avons trouvé une forme de coordination naturelle et les victoires se sont enchaînées. La différence ne tenait pas seulement au résultat : dans les deux cas, les armes, les cartes et la destruction étaient identiques. Ce n’est pas le jeu qui devient meilleur lorsque l’on gagne ; ce sont ses qualités qui deviennent plus faciles à apprécier lorsque l’équipe fonctionne.

Un gunplay qui fait partie des meilleurs du marché

THE FINALS : déplacement en hauteur sur la carte Séoul
Séoul illustre la verticalité des combats et l’importance du repositionnement.

Je considère les sensations de tir de THE FINALS comme faisant partie des meilleures du FPS multijoueur moderne. Les armes répondent bien, les déplacements restent précis et les affrontements laissent suffisamment de place au placement, à l’anticipation et à la maîtrise mécanique. Cette sensation est évidemment personnelle, mais elle ne repose pas uniquement sur la fluidité des animations : c’est toute la cohérence entre mouvement, visée et prise de décision qui rend les combats aussi satisfaisants.

On retrouve ici une expertise familière. Embark Studios a été fondé notamment par d’anciens cadres et développeurs de DICE, studio historiquement associé à Battlefield. Le jeu ne cherche pourtant pas à reproduire les grandes batailles militaires de cette licence : il concentre au contraire l’action dans des espaces plus resserrés, où la mobilité et les gadgets deviennent déterminants. Cette différence d’échelle ne diminue pas l’importance du travail technique ; elle lui permet de servir une identité distincte.

Le résultat est particulièrement gratifiant lorsque les affrontements se prolongent et que chaque décision compte. Réussir une attaque coordonnée, contourner une défense ou sauver un coéquipier au bon moment crée un sentiment de maîtrise qui ne se résume pas au tableau des éliminations. THE FINALS récompense aussi les joueurs capables de comprendre une situation avant de tirer.

La destruction ne décore pas le gameplay : elle le transforme

Explosion et destruction sur une façade de THE FINALS
Dès ses premières versions, THE FINALS faisait de la démolition un outil tactique.

La destruction reste la signature la plus impressionnante du titre. Là où beaucoup de shooters se contentent d’autoriser quelques ouvertures prévues à l’avance, THE FINALS permet de modifier beaucoup plus profondément la configuration d’un affrontement. Un étage devient difficile à défendre ? Il est possible de s’attaquer au plancher. Une entrée est bloquée ? Une explosion peut créer un passage ailleurs. Cette liberté change non seulement le spectacle, mais aussi la lecture tactique des cartes.

Avec Prime Time, déployée le 20 octobre 2026, Embark réalise sa plus importante évolution de la destruction depuis le lancement. Des bâtiments peuvent désormais se déformer et s’affaisser progressivement avant de céder, tandis que des ondes de choc déplacent certains éléments du décor et favorisent des réactions en chaîne. Les débris s’accumulent également de manière plus dynamique, créant parfois de nouvelles surfaces ou de nouvelles couvertures. Même les fumées et les gaz réagissent davantage à l’environnement.

Animation montrant la destruction d'un bâtiment sur Skyway Stadium dans THE FINALS
Destruction sur Skyway Stadium : une destruction qui modifie directement le terrain de jeu.

Cela mérite de s’y arrêter : près de trois ans après la sortie, le studio ne se contente pas d’ajouter une nouvelle collection de cosmétiques. Il retravaille le cœur même de ce qui rend son jeu unique. Les effets ne sont pas seulement visuels puisque les espaces de circulation, les protections et les angles d’attaque peuvent évoluer au milieu d’une confrontation.

Des cartes qui changent, des parties qui ne se ressemblent pas

Vue de Las Vegas dans THE FINALS, avec ses façades de casinos illuminées
Las Vegas : une arène à l’ambiance immédiatement identifiable.

Les cartes profitent aussi de ce suivi. Prime Time a retravaillé Monaco, Séoul, Skyway Stadium et Las Vegas Stadium, avec des changements touchant à la lisibilité, aux éclairages, aux accès et à certaines zones de combat. Il ne s’agit donc pas seulement d’embellir les arènes : plusieurs espaces ont été repensés pour ouvrir de nouvelles possibilités de déplacement et d’affrontement.

C’est cette diversité de situations que j’ai particulièrement appréciée en revenant sur le jeu après mes passages sur Battlefield 6 et Call of Duty. Ces licences savent elles aussi produire de bonnes parties, mais j’y ai parfois ressenti une répétition de séquences connues : apparaître, éliminer, mourir et recommencer. THE FINALS, lui, réussit régulièrement à bouleverser le déroulement d’un match grâce à la combinaison de ses objectifs, de ses gadgets et de ses environnements modifiables.

Un Cashout bien défendu peut devenir une lutte à trois équipes ; un bâtiment dont l’architecture semblait offrir un avantage peut s’effondrer ; une réanimation peut soudain inverser l’issue d’un combat. Cette variété ne signifie pas que tous les modes se valent, mais elle donne au jeu une capacité rare à produire des souvenirs précis plutôt qu’une simple accumulation de matchs.

Des modes qui changent vraiment la façon de jouer

Il ne suffit pas d’empiler dix playlists pour avoir un FPS varié. C’est justement ce que THE FINALS réussit : ses modes ne se limitent pas à modifier le score nécessaire pour gagner, ils obligent souvent à aborder différemment les arènes. Et quand je vois ce que propose un jeu entièrement gratuit, je me demande encore ce que certains FPS à 80 € attendent pour expérimenter autant.

Quick Cash : le chaos à trois équipes

Trois équipes de trois joueurs cherchent un coffre, l’amènent jusqu’à une station d’encaissement et doivent conserver le contrôle de l’objectif jusqu’à la fin du compte à rebours. Une troisième équipe peut surgir alors que les deux premières se battent depuis plusieurs minutes, voler le Cashout et repartir avec la récompense. Ce n’est pas seulement une question de précision : savoir quand intervenir vaut parfois davantage que d’accumuler les éliminations. Quick Cash possède les réapparitions illimitées, ce qui le rend moins punitif qu’un tournoi.

Cashout et Ranked Cashout : le jeu collectif sans filet

En Cashout, huit équipes de trois se disputent la qualification dans un tournoi à plusieurs manches. Les réapparitions deviennent limitées et chaque décision pèse bien davantage. Ranked Cashout reprend cette philosophie sous une forme compétitive encore plus stricte, où il faut aussi protéger ses jetons de réapparition et sa progression au classement. C’est probablement là que je ressens le plus intensément toute la force, mais aussi toute la cruauté, de THE FINALS : une équipe organisée peut accomplir des miracles, tandis que des coéquipiers qui partent chacun à l’aventure peuvent gâcher un tournoi en quelques minutes.

Point Break : l’attaque et la défense à grande échelle

Affrontement dans le mode Point Break de THE FINALS

Point Break oppose deux formations de huit joueurs. Les attaquants doivent détruire neuf coffres majeurs répartis sur trois phases, alors que les défenseurs tentent d’épuiser leur réserve limitée de réapparitions. Ce cadre plus frontal donne une autre dimension aux gadgets, aux brèches et aux positions défensives. C’est un mode dans lequel je vois immédiatement le potentiel d’Embark pour un futur FPS militaire arcade : le studio sait fabriquer des objectifs qui deviennent de véritables champs de bataille.

Power Shift : cinq contre cinq autour d’une plateforme mobile

Dans Power Shift, deux équipes de cinq doivent capturer puis escorter une plateforme à travers l’arène. Les affrontements se concentrent autour d’un élément mobile que les adversaires tentent sans cesse de reprendre. Les destructions et les outils de mobilité créent des situations presque absurdes ; une défense qui semblait solide peut s’effondrer avec le bâtiment qui la soutenait. C’est plus lisible que certains Cashouts, mais suffisamment dynamique pour garder l’identité du jeu.

Team Deathmatch : l’option plus classique

Il y a également du match à mort en cinq contre cinq, et je ne vais pas prétendre que ce mode réinvente le FPS. Son intérêt est ailleurs : se concentrer sur les sensations de tir, tester des équipements ou jouer quelques affrontements rapides sans la pression du Cashout. Il a sa place dans l’offre, même si ce n’est pas là que THE FINALS exprime le mieux son originalité.

Solo Showdown : Embark pense enfin au joueur seul

Arrivé avec Prime Time, Solo Showdown est encore en bêta. Douze participants disputent trois manches individuelles avec des épreuves sélectionnées parmi huit variantes. L’une mise sur le tir de précision et le grappin, une autre sur les coups de marteau et les projections, une autre encore sur un revolver qui ne donne qu’une balle avant de devoir en gagner davantage. C’est un terrain d’expérimentation amusant sur le papier et surtout une réponse intéressante à l’un de mes gros reproches : la dépendance aux coéquipiers. Je ne vais pas inventer un avis définitif sur chacune de ces épreuves sans les avoir toutes pratiquées.

Entraînement, parties privées et événements

Embark propose aussi un terrain d’entraînement pour les armes et gadgets, des parties privées personnalisables, des exercices pour apprendre les mécaniques et des événements temporaires. Ce ne sont pas tous des modes permanents et il serait trompeur de les présenter comme tels, mais ils montrent que l’écosystème s’est étoffé depuis la sortie. Le jeu n’est plus simplement une bonne idée exigeante jetée aux joueurs : il tente aussi de les aider à la comprendre.

THE FINALS ne gagne pas mon respect parce qu’il possède beaucoup de modes. Il le gagne parce que plusieurs de ces modes ont une vraie raison d’exister. C’est une différence qui compte énormément lorsqu’on en a assez des formules multijoueurs devenues prévisibles.

Une meilleure porte d’entrée, une exigence intacte

Embark a progressivement amélioré l’accueil des nouveaux joueurs, notamment avec davantage de tutoriels et des possibilités d’entraînement contre des bots pour apprendre les règles du Cashout. C’était nécessaire : la première découverte pouvait donner l’impression d’être jeté dans l’arène sans véritable mode d’emploi. L’apprentissage est aujourd’hui mieux accompagné, même si la compréhension des classes, des gadgets et de la gestion des objectifs demande toujours du temps.

Cette exigence est à la fois la force et la faiblesse du titre. Elle rend les réussites collectives beaucoup plus gratifiantes, mais peut décourager quelqu’un qui joue principalement seul. Il faut accepter de perdre, d’observer les choix des autres et de progresser au-delà du simple duel. Pour certains joueurs, c’est une formidable promesse ; pour d’autres, un obstacle suffisant pour retourner vers des FPS plus immédiats.

Les skins : beaucoup d’idées, mais une esthétique qui ne me convainc pas toujours

Trois personnages aux styles futuristes dans THE FINALS : Galaxy Masters
Les univers cosmétiques de THE FINALS peuvent aller très loin dans la fantaisie.
Tenue tactique Voltage Marauder jaune et noire
Voltage Marauder : une proposition tactique.
Tenue Mantra rouge et or dans THE FINALS
Mantra : une esthétique beaucoup plus fantaisiste.
THE FINALS Prime Time : visuel officiel rouge avec un personnage en tenue
Visuel officiel de la mise à jour Prime Time d’Embark Studios.

Mon principal reproche esthétique ne concerne pas les arènes, l’éclairage ou la mise en scène. Au contraire, l’idée d’un jeu télévisé futuriste, avec ses sponsors, ses commentateurs et ses décors spectaculaires, donne une identité forte à THE FINALS. Là où je décroche, c’est sur une partie des cosmétiques, dont l’excentricité me rappelle parfois l’approche de Fortnite.

Il s’agit d’une préférence assumée et non d’un défaut universel : beaucoup de joueurs apprécient précisément ces tenues absurdes. Mais c’est frustrant dans un jeu gratuit que j’ai envie de soutenir. Il y a déjà des skins tactiques, industriels et militaires dans THE FINALS, et quelques tenues sont franchement superbes. Mon reproche est plus général : même celles qui explorent ces registres conservent souvent un traitement que je trouve trop cartoonesque. Ce n’est pas le manque de styles qui me retient de passer à la caisse, c’est que j’accroche rarement à leur interprétation visuelle. À chaque fois que je reviens, je retrouve le même paradoxe : j’adore les mécaniques, mais la boutique me donne rarement envie de passer à la caisse.

Cette maîtrise du gameplay fait d’ailleurs naître un fantasme assez simple : imaginer ce qu’Embark pourrait accomplir avec un FPS militaire arcade plus réaliste, tout en conservant une destruction aussi ambitieuse. Toutes les mécaniques ne seraient pas transposables telles quelles. Mais si Embark réalisait demain un FPS militaire arcade davantage ancré dans le réel, avec ce gunplay et cette destruction, je le considérerais immédiatement comme un concurrent direct de Battlefield et de Call of Duty. Le potentiel est là, et il dépasse à mes yeux bon nombre des grosses productions militaires actuelles.

Embark, deux jeux différents, une même envie d’innover

Avec THE FINALS, FPS compétitif à la première personne, puis ARC Raiders, extraction shooter à la troisième personne (TPS), Embark a su proposer deux expériences très différentes, chacune dotée d’une identité reconnaissable. Cela ne permet pas de tirer des conclusions sur la vie interne du studio ou de prétendre que toutes les grandes productions manquent de créativité. En revanche, ces projets rappellent combien une idée de gameplay forte, défendue et améliorée dans la durée, peut compter davantage que la seule puissance d’une licence.

Ce constat me frappe particulièrement lorsque je compare THE FINALS à certains shooters vendus au prix fort. Le jeu d’Embark ne surpasse pas toutes ses références dans tous les domaines, mais sur la destruction, les interactions entre systèmes et la capacité d’improvisation laissée aux joueurs, il présente des arguments remarquables. Le fait qu’il soit gratuit rend cette proposition encore plus facile à recommander.

Verdict : un FPS exceptionnel, à condition d’accepter ses contraintes

THE FINALS n’est pas un jeu que je recommanderais aveuglément à quelqu’un qui souhaite simplement faire quelques éliminations sans s’occuper de ses coéquipiers. Ses meilleures mécaniques reposent sur une coopération réelle, et une série de parties mal coordonnées peut suffire à ruiner une soirée. Mes dernières sessions m’ont rappelé cet aspect aussi clairement que ses immenses qualités.

Mais lorsque la coordination fonctionne, peu de FPS parviennent à provoquer le même plaisir. Le gunplay, la variété des situations, le level design et surtout cette destruction devenue encore plus poussée avec Prime Time composent une expérience à part. Voilà pourquoi, même après plusieurs défaites agaçantes, j’ai continué à lancer des parties : parce que je sais ce que THE FINALS peut offrir lorsqu’il réunit les bonnes conditions.

Près de trois ans après sa sortie, THE FINALS mérite largement qu’on lui accorde — ou qu’on lui redonne — sa chance. Il reste exigeant et parfois épuisant, mais il montre qu’un FPS gratuit peut encore faire évoluer son genre, surprendre ses joueurs et procurer des moments véritablement mémorables.

Sources factuelles : notes officielles Prime Time (Embark Studios). Captures des cartes : esports.gg ; capture de destruction historique : Saiga NAK. Vidéo : chaîne officielle THE FINALS. Ressenti et verdict : expérience personnelle de la rédaction.

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