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007 First Light : un Uncharted de Wish, et c’est déjà pas si mal

On nous a vendu le retour en grâce de James Bond dans le jeu vidéo, signé par les maîtres de l’infiltration d’IO Interactive, une aventure à la croisée de Hitman et du grand spectacle. Après vingt-deux heures manette en main, le constat est simple : c’est un bon jeu d’espionnage, honnête et bien écrit. Mais à soixante-dix euros, il traîne quelques casseroles qui l’empêchent de jouer dans la cour des grands.

Ce qu’on vous a vendu

Annoncé en novembre 2020 sous le nom de code « Project 007 », le jeu a été officiellement dévoilé le 4 juin 2025 par IO Interactive. La promesse est claire : une origin story inédite de James Bond, inspirée des écrits d’Ian Fleming, avec un Bond de 26 ans, recrue de la Royal Navy fraîchement repérée par le MI6.

Sur le fond, IOI vend une aventure narrative qui mélange son ADN maison, les environnements infiltrables et la liberté d’approche de Hitman, avec un grand spectacle cinématique à la Uncharted. Le studio insiste sur un point : ce ne sera pas un Hitman déguisé. Bond est présenté comme plus impulsif, plus direct, là où l’Agent 47 reste chirurgical.

Côté calendrier, le jeu était prévu pour le 27 mars 2026 avant d’être repoussé au 27 mai, un report justifié en décembre 2025 par la volonté de peaufiner l’expérience. Côté tarif, l’édition standard est affichée à 69,99 euros, avec une édition deluxe et une édition spéciale collector poussée à 299,99 dollars. Voilà le contrat. Reste à voir s’il est honoré, et ça commence manette en main.

Le gameplay

Le combat est le vrai point fort du jeu. Corps à corps et infiltration fonctionnent bien chacun de leur côté, mais c’est en les combinant que le jeu trouve son rythme. Entrer en mode discret avant que tout déraille en bagarre générale, c’est satisfaisant, et jamais vraiment punitif grâce à des sauvegardes fréquentes.

L’infiltration prise seule tourne vite en rond. Elle est trop facile, trop répétitive, et c’est souvent le passage aux armes à feu qui ramène un peu de fraîcheur quand la lassitude pointe. Les courses-poursuites en voiture, elles, sont inégales. Certaines sont bien mises en scène, d’autres donnent l’impression de foncer à cinquante kilomètres heure dans un tunnel d’explosions. L’effet épique est là, mais le feeling de conduite, lui, est aux abonnés absents.

Le plus gênant reste la technique. Des bugs ponctuels viennent casser le rythme, des animations qui ne se déclenchent pas, des situations qui forcent carrément à recharger la sauvegarde précédente. Rien de rédhibitoire, mais sur un jeu linéaire vendu plein pot, chaque accroc se remarque. Ce qui pose forcément la question de ce qu’on en a pour son argent en termes de contenu.

Le contenu

Comptez environ vingt-deux heures pour boucler l’histoire principale en prenant votre temps. À côté de ça, le jeu propose un mode annexe baptisé Tactical Simulation, ou TacSim. Il s’agit d’une série de défis et de missions à rejouer, séparés de la trame narrative, où l’on teste ses réflexes d’agent secret pour gagner de l’Intel et débloquer tenues, gadgets et armes. IOI a d’ailleurs confirmé que ce mode accueillera du contenu supplémentaire après la sortie.

C’est une bonne idée qui prolonge un peu l’expérience, sans pour autant transformer le jeu en monstre de durée de vie. L’essentiel reste la campagne, et c’est là que le bât blesse côté rythme. La structure des missions finit globalement par se répéter, et cette mécanique se ressent sur la longueur. Le jeu reste plaisant du début à la fin, mais il n’évite pas une certaine routine. Et à soixante-dix euros, la question du prix mérite qu’on s’y arrête vraiment.

Prix justifié

Soixante-dix euros pour un jeu linéaire d’une vingtaine d’heures, sans microtransactions ni season pass. Sur la forme, c’est honnête : on paie un jeu complet, point final, sans qu’on cherche à vous resservir l’addition plus tard.
Sur le fond, c’est plus tendu. À ce tarif et sur un format aussi resserré, la moindre faiblesse technique ou de rythme se paie cash. Or 007 First Light en a quelques-unes. Le jeu les vaut largement en promotion, beaucoup moins au prix fort le jour de la sortie. C’est précisément le genre d’écart que ce test cherche à mesurer, alors voyons promesse par promesse ce qui a été tenu.Soixante-dix euros pour un jeu linéaire, sans microtransactions ni season pass. Honnête sur la forme. Mais à ce tarif, sur un format aussi resserré, la moindre faiblesse technique ou de rythme se paie cash. Et 007 First Light en a. À surveiller en promotion. Reste enfin à savoir si IOI a tenu les promesses faites lors de l’annonce du jeu.

Promesses tenues ?

Promis : un vrai jeu James Bond fidèle au personnage, et pas un Hitman déguisé (IO Interactive, annonce du 4 juin 2025). Livré : le pari est réussi. Bond est cohérent, le ton est juste, et le jeu raconte mieux son personnage que certains films récents. Statut : tenu.

Promis : un mélange entre le sandbox d’infiltration de Hitman et le grand spectacle cinématique à la Uncharted (communication IOI, 2025). Livré : le mélange combat et infiltration fonctionne, mais la partie spectacle reste inégale, et la comparaison avec Uncharted tourne court côté mise en scène. Statut : partiel.

Promis : un report de deux mois destiné à peaufiner l’expérience (IO Interactive, décembre 2025). Livré : le jeu est globalement propre, mais des bugs subsistent au point de forcer à recharger une sauvegarde. Statut : partiel.

Verdict

007 First Light tient sa promesse principale, celle d’un vrai jeu Bond, mais bute sur les détails qui séparent un bon jeu d’un grand jeu.

Pour vous si vous cherchez une aventure d’espionnage cinématique pour passer un bon moment sans vous prendre la tête, et que l’esprit Bond vous parle plus que la performance technique irréprochable.

Pas pour vous si vous attendez la précision d’un Hitman, la mise en scène d’un Uncharted, ou si payer le prix fort un jeu avec des bugs vous reste en travers de la gorge. Dans ce cas, attendez une promotion.

À retenir

Gameplay : 14/20 Contenu : 13/20 Prix : 12/20 Promesses : 15/20 Note globale : 13,4/20

En une ligne : un bon jeu James Bond, honnête et bien écrit, qui aurait mérité un peu plus de finition pour justifier son prix.

Points forts

Points faibles

Conclusion

IO Interactive a compris James Bond. Et ce n’est pas rien. Dans un paysage où la licence a été malmenée pendant des années, 007 First Light fait le travail : il est honnête, bien écrit, et il respecte ce qu’est le personnage. Le studio prouve ici que son cœur de métier est intact, et que l’ADN Hitman peut s’exprimer bien au-delà de l’Agent 47. Ce n’est pas le jeu de l’année, mais c’est un bon jeu d’espionnage qui donne envie de voir la suite. James Bond reviendra. Et cette fois, on l’attend avec un peu plus de confiance.

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